• Liaisons Sociales Europe, Nº 30, 3 septembre 2021
  • Conditions de travail
  • Deux tiers des employeurs européens n’ont pas confiance en leurs salariés en télétravail
Liaisons Sociales Europe, 30, 3/09/2021
Liaisons Sociales Europe

Deux tiers des employeurs européens n’ont pas confiance en leurs salariés en télétravail

Deux tiers des employeurs européens n’ont pas confiance en leurs salariés en télétravail

Mis à jour le 31/08/2021

  • La rédaction de Liaisons sociales Europe
  • Alors que la pandémie de Covid-19 a éloigné nombre de salariés de leur lieu habituel d’activité et développé le télétravail, une enquête de Ricoh Europe dévoilée le 24 août dernier révèle que seuls 35 % des employeurs font pleinement confiance à leurs personnels lorsqu'ils travaillent à distance.
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« Dans le contexte actuel, qui pourrait croire que le télétravail n'a pas toujours fait partie de nos habitudes ? Pourtant, en 2018, seuls un peu plus de 8 % des travailleurs de l'Union européenne travaillaient depuis chez eux », indique un livre blanc édité par Ricoh au début de l’année 2021 (« Encouragez l’autonomie de vos collaborateurs en télétravail »). D'après ce groupe technologique présent dans 200 pays, 74 % des travailleurs européens pensent que le télétravail et la collaboration à distance figureront dans les contrats de travail à l'avenir. Par ailleurs, 60 % des travailleurs espèrent que leurs employeurs réalisent actuellement les investissements dans la technologie requise pour répondre aux attentes de la main-d’œuvre de demain.

Mais force est de constater que cet objectif n’est pas atteint. En effet, Opinion Matters a interrogé 1 500 décideurs à travers l'Europe pour Ricoh Europe : l’étude publiée le 24 août montre que 35 % des employeurs font pleinement confiance à leur personnel lorsqu'ils travaillent à distance, 39 % suggérant que leurs employés ne travaillent pas autant ou aussi efficacement qu'au bureau.

Confiance décroissante

Ces résultats semblent sous-entendre que la pandémie a érodé la confiance dans les travailleurs à distance. Pour les analystes de Ricoh, « la confiance décroissante des employeurs suggère qu'ils souhaitent que les employés retournent au bureau à temps plein alors que les restrictions liées au coronavirus se relâchent à travers le continent, plutôt que de permettre aux travailleurs de choisir une forme de travail hybride. »

Pourtant, malgré ces réticences importantes, un autre chiffre de l’étude montre un paradoxe : ils ne sont que 19 % des employeurs à juger que la productivité de leurs effectifs a diminué depuis qu'ils sont passés au travail à distance et ils sont 57 % à penser qu'investir dans une technologie de travail flexible est essentiel pour attirer et retenir les talents.

Ces dirigeants semblent avoir écouté Ricoh qui, dans son livre blanc sur le télétravail indiquait : « Amplifier le télétravail à l'aide de l'automatisation des processus : cette mesure augmentera la productivité et gonflera le moral des troupes par le biais de l'automatisation des flux de travail difficiles et laborieux. »

Quelle forme de travail hybride ?

Dans l’étude d’août, quatre décideurs sur dix déclarent aussi que leurs équipes craignent de retourner au bureau lorsque les restrictions s'assouplissent en raison de problèmes de santé et de sécurité. Des conditions de travail en présentiel et en distanciel semblent se dessiner pour l’avenir. Reste à trouver l’alchimie pour que le travail soit fait dans les meilleures conditions de part et d’autre. Pour Eric Gryson, CEO de Ricoh Belgique et Luxembourg : « Le bureau ne disparaîtra jamais, notamment en tant qu'environnement incontesté pour une productivité optimale, la créativité et le développement de relations avec les collègues. »

Il ajoute cependant que « le défi pour les chefs d'entreprise est de garder à l'esprit que le travail à distance et hybride sont deux choses différentes. Il va de soi que moins de trajets domicile-travail, un plus grand sentiment de flexibilité et la confiance de votre responsable sont des facteurs importants qui contribuent à une main-d'œuvre plus autonome et inspirée. Il incombe donc aux dirigeants de rendre leur modèle de travail hybride aussi performant que possible. »

C. Padych