• Crise sanitaire : le temps de travail s’est imposé dans les négociations d’entreprise en 2021
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Crise sanitaire : le temps de travail s’est imposé dans les négociations d’entreprise en 2021

Crise sanitaire : le temps de travail s’est imposé dans les négociations d’entreprise en 2021

Mis à jour le 09/11/2021

  • La rédaction de liaisons-sociales.fr
  • En 2021, les entreprises ont privilégié le temps de travail comme thématique prioritaire de négociation, selon une étude Liaisons Sociales/Opinionway dévoilée mardi 9 novembre. Autre enseignement : les enjeux environnementaux occupent davantage d’espace dans l’agenda social des entreprises. Et le recrutement est la pratique RH qui monte en flèche.
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Quelles thématiques de négociation les DRH ont-ils porté depuis le 1er janvier dernier et quels seront les grands sujets de discussion post Covid avec les partenaires sociaux dans les six mois qui viennent ? Telles étaient les deux principales questions posées par OpinionWay à 396 professionnels RH dans le cadre de la deuxième édition du baromètre « Les RH face au futur » (1) réalisé par Liaisons Sociales (Wolters Kluwer)*.

Présentée mardi 9 novembre, l’étude met en avant le temps de travail comme enjeu majeur de la négociation collective en entreprise en 2021. Ainsi, sur les 53 % d’organisations ayant conclu un accord depuis janvier dernier (47 % - dont 61 % d’ETI - n’ont pas paraphé d’accord, principalement par manque de ressources humaines), le temps de travail a été pour 34 % d’entre elles le sujet prioritaire. Les thèmes abordés ont été l'aménagement du temps de travail (36 %), la fixation des congés (34 %), la durée collective du travail (27 %), le compte épargne-temps (24 %), les forfaits-jours (20 %) ou encore le travail de nuit (20 %).

En outre, au cours des six prochains mois, le temps de travail (23 %) restera encore en tête de liste de la feuille de route sociale des DRH. Lesquels ont été contraints d’adapter leur calendrier de négociations à la crise sanitaire. Ainsi des discussions ont été spécifiquement lancées pour répondre à la pandémie pour 31 % d’entre eux tandis que des sujets ont été anticipés pour 29 % des sondés.

Prise en compte des enjeux environnementaux

Depuis le 1er janvier dernier, les DRH et les partenaires sociaux ont par ailleurs négocié sur la prise en compte des enjeux environnementaux (28 %) et sur les conditions de travail/la qualité de vie au travail (27 %). Lorsqu’ils se sont saisis de ce dernier sujet, les négociateurs ont prioritairement abordé les thèmes de la santé au travail (46 %), du télétravail (46 %), de l'organisation du travail et de la charge de travail (42 %), de l'aménagement des locaux (déménagements, flex-office, ...35 %) et de la conciliation des temps de vie (droit à la déconnexion, etc. 26 %). En matière de télétravail, l’étude confirme la formule adoptée par une majorité d’entreprises, à savoir deux jours de travail à distance par semaine (58 %). Quant à l’emploi, la moitié des accords a concerné la gestion des emplois et des parcours professionnels, devant l’activité partielle longue durée (43 %) et l'emploi des seniors (39 %).

Rémunération

Pour le prochain semestre, outre le temps de travail, les discussions porteront sur la rémunération (21 % des sondés) et les enjeux environnementaux, thématique qui monte en puissance dans les entreprises. Les autres sujets seront relatifs à l'emploi (activité partielle longue durée, PSE, rupture conventionnelle collective, performance collective, GPEC, 20 %), à l'égalité professionnelle (19 %), et aux conditions de travail/qualité de vie au travail (19 %).

Formation et accompagnement des managers

Les politiques RH seront quant à elles fléchées en priorité sur la mise en place des plans de formations (58 % contre 46 % en 2020), l’accompagnement des managers (57 % vs 48 %), l’information sur les règles d'hygiène et de sécurité (56% vs 66 %), l’accompagnement des salariés en droit social (55 % vs 39 %), ainsi que sur le recrutement. Signe du rebond de l’économie, cette dernière pratique RH est celle qui progresse le plus en un an, passant de 35 % en 2020 à 53 % cette année.

Etat d’esprit positif

Les professionnels RH se disent sereins pour aborder ces nouveaux enjeux. Si la crise sanitaire a encore un impact sur l’agenda prévisionnel des négociations - 7 entreprises sur 10 subiront des anticipations (38 %) ou des reports (33 %) – ils affichent un état d’esprit plus positif cette année, à court (70 %) et à moyen terme (73 %), « la crise sanitaire s’étant ancrée dans les usages les perspectives d’avenir paraissent moins floues que l’année dernière », indique l’étude. Les DRH/RRH franciliens sont toutefois moins positifs (57 %), ainsi que ceux comptant entre 1 à 3 ans d’ancienneté dans leur entreprise (46 %) et les 25-34 ans (60 %).

J-F. Rio

(1) Cette étude fera l’objet d’un webinaire organisé le lundi 22 novembre à 14H30, avec comme invités Jean-Emmanuel Ray, professeur de droit de travail à l’Université Paris I – Sorbonne, et à Sciences Po ; Jérôme Chemin, secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres ; et Stéphane Lefebvre-Mazurel, directeur du pôle B2B, SmartCity & Inside chez OpinionWay.

Pour vous inscrire au webinaire

*Wolters Kluwer détient notamment en France les marques Lamy et Liaisons sociales. Il est, à ce titre, l’éditeur du site liaisons-sociales.fr.