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Sortie de crise : les DRH se préparent au travail hybride

Sortie de crise : les DRH se préparent au travail hybride

Publiée le 09/06/2021

  • La rédaction de liaisons-sociales.fr
  • Interrogés par l’Association nationale des directeurs des resssources humaines (ANDRH) sur la sortie de crise, l’emploi et le dialogue social, les DRH se préparent à l’avènement d’une organisation du travail hybride, mêlant distanciel et présentiel. Ils sont aussi de plus en plus confrontés à des salariés qui ont déménagé et veulent aménager leurs conditions de travail, dévoile l’étude de l’Association parue le 8 juin.
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© GettyImages

Alors que le nouveau protocole sanitaire est entré en vigueur ce mercredi 9 juin, avec notamment la fin du télétravail à 100 %, une étude de l’Association des directeurs des ressources humaines (ANDRH) dévoilée la veille démontre que les DRH anticipent l’arrivée d’une organisation du travail en mode hybride.

Selon cette enquête menée du 11 mai au 4 juin auprès des 5 200 adhérents de l’association, les professionnels RH estiment que la période post-Covid s’ouvre sur une nouvelle organisation du travail durable. Celle-ci sera d’abord marquée, pour 80 % des 270 répondants, par plus de travail à distance. « 25 % des 96 500 accords d’entreprises signés en 2020 ont porté sur le télétravail », précise Audrey Richard, la présidente de l’ANDRH. 55 % des sondés jugent aussi que la crise sanitaire va faire évoluer la culture managériale de leur entreprise, tandis que, pour 54 %, la sortie de crise se traduira par la signature d’un nouvel accord sur le télétravail ou par le renouvellement d’un texte plus ancien sur le sujet. 26 % des répondants pensent que la période post-Covid sera assortie d’un réaménagement du site de travail. « Cela peut se traduire par une nouvelle configuration des bureaux existants ou bien par la fermeture de sites compensée par l’ouverture de locaux complétement repensés ou par des espaces de coworking », complète Audrey Richard.

Inquiétude sur les collectifs de travail

30 % des personnes interrogées ont été confrontées à des demandes de salariés ayant déménagé, sollicitant l’adaptation de leurs conditions de travail. « Certains DRH ont été mis devant le fait accompli, ajoute la présidente de l’ANDRH, même si les salariés assument le retour sur site et la prise en charge des coûts de transport ». Alors qu’un actif sur cinq est engagé dans une reconversion professionnelle, selon une étude de Centre Inffo en janvier dernier, l’association s’inquiète de l’état du lien au sein des collectifs de travail, que 39 % des sondés trouvent distendu. « L’individuel ne doit pas prendre le pas sur le collectif. C’est un enjeu majeur pour les DRH », avance Audrey Richard.

Deux jours de télétravail par semaine à partir du 9 juin

Pour les salariés éligibles au télétravail, la formule « deux jours de travail à distance par semaine » est favorisée à partir du 9 juin par 23 % des DRH. 21 % prônent trois jours par semaine, et 13 % veulent le retour au « 100 % en présentiel ». À partir du 1er juillet, la formule de deux jours de télétravail par semaine est privilégiée par 31 % des sondés, 16 % penchent pour un jour, 14 % pour trois jours, et 9 % pour le « 100 % en présentiel ». Une dernière organisation du travail qui serait adaptée par 23 % des DRH à partir du 1er septembre prochain. 19 % d’entre eux misent sur deux jours de télétravail par semaine, et 15 % sur un jour. Seulement 6 % recommanderont alors cette mesure dans sa version de trois jours par semaine.

Le maintien de l’activité partielle plébiscité

Sur le front de l’emploi, cette nouvelle étude confirme les tendances observées précédemment. Les DRH restent peu concernés par des restructurations entraînant des départs contraints.

Pour sauvegarder l’emploi, 59 % sont favorables au maintien de l’activité partielle et 52 % se prononcent sur des exonérations de charges étendues en fonction de la situation économique des secteurs d’activité. 31 % souhaiteraient conserver le dispositif de l’APLD (activité partielle de longue durée). « 42 % de nos adhérents estiment qu’aucune réforme n’aidera à la reprise. Ils veulent surtout une pause pour préparer sereinement la reprise d’activité », indique Benoît Serre, vice-président de l’ANDRH.

Sur le volet dialogue social, 61 % des répondants souhaitent un enchaînement de réformes moins soutenu. 78 % réclament le maintien des réunions en visioconférence, et 40 % moins de consultations. « Les DRH entendent que les nouvelles pratiques de dialogue social nées pendant la crise sanitaire perdurent. La sortie de crise est aussi l’occasion de faire des retours d’expérience pour rénover notre modèle de dialogue social », préconise Benoît Serre.